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Research studies

La gestion de l’information financière comme atout essentiel à la création de la valeur boursière

Financial information management as an essential asset for the creation of stock market value

 

Prepared by the researcher

Mohamed Khalil Boulahsen, Researcher, Economics and Management Sciences, Ibn Tufail University, Morocco

Younes Emmas, Researcher, Economics and Management Sciences, University of Mohammed V, Morocco

Democratic Arab Center

International Journal of Economic Studies : Fourteenth issue – January 2021

A Periodical International Journal published by the “Democratic Arab Center” Germany – Berlin

Nationales ISSN-Zentrum für Deutschland
ISSN  2569-7366
International Journal of Economic Studies
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Abstract

Investor confidence quickly turned into mistrust of the information published by companies following the financial scandals, particularly the ENRON affair, which triggered a conflict of interest between managers and shareholders. This conflict has had a major impact on the stock market value of large companies listed on the capital markets. To ensure credibility and good management of financial information, laws have been imposed and enforced by the statutory auditor to enhance the reputation of the companies and restore their shareholder weight. His intervention as manager of financial information is essential to guarantee stock market performance and to regain the confidence of investors. This article demonstrates the relational management between these three variables: credible financial information, legal auditor, and stock market value.

Résumé

La confiance des investisseurs s’est vite transformée en une méfiance de l’information publiée par les entreprises suite aux scandales financiers notamment l’affaire ENRON, qui a déclenché un conflit d’intérêts entre les dirigeants et les actionnaires. Ce conflit a largement impacté la valeur boursière des grandes compagnies cotées sur les marchés des capitaux. Pour crédibiliser et avoir une bonne gestion de l’information financière, certaines lois ont été imposées et exécutées par l’auditeur légal afin de revaloriser la réputation des compagnies et leur redonner le poids actionnarial. Son intervention en tant que gestionnaire de l’information financière est essentielle pour garantir une performance boursière, et afin de regagner la confiance des investisseurs. Cet article démontre la gestion relationnelle entre ces trois variables : information financière crédible, auditeur légal, et valeur boursière.

Introduction :

            Il est généralement connu que les organisations créent de la richesse à travers la consommation des ressources et l’offre des produits ou des services. A cet effet, la comptabilité joue un rôle important dans la constitution de l’information qui retrace l’ensemble des transactions réalisées par l’organisation. L’information créée par la comptabilité fait l’objet d’une demande interne et externe dans la mesure où les dirigeants l’utilisent dans le pilotage de la performance interne d’une part, et d’autre part les parties prenantes externes l’exploitent pour mesurer sa performance boursière. En revanche, l’information financière est susceptible d’être altérée ou falsifiée dans l’absence des mesures de sécurité afin de servir des intérêts personnels ou sa mauvaise gestion peut résulter dans la dégradation de la valeur boursière en période de crise.

Donc, le souci majeur de tous les intervenants internes et externes se situe dans la qualité et la crédibilité de l’information financière produite par l’organisation. La révélation d’une information financière de qualité est nécessaire afin de garantir la pérennité de l’organisation et préserver sa part de marché au niveau du marché boursier, dans le sens où elle permet d’assurer la confiance dans la relation d’agence (Jensen et Meckling, 1976). A cet égard, la transparence de l’information financière permet non seulement de limiter l’asymétrie d’information entre les actionnaires, les investisseurs institutionnels, et les dirigeants mais aussi de réduire les problèmes d’agence (Fan Yu, 2005). Elle permet également de créer un cadre fiable aux parties prenantes de prendre les meilleures décisions et regagner la confiance des partenaires traditionnels.

Cependant, suite aux nombreux scandales financiers mis en scène durant les dernières années, notamment l’affaire ENERON qui a levé le voile sur les abus commis par le cabinet Arthur Andersen afin de maquiller la santé financière de l’entreprise. Cette crise financière a démontré les défaillances de la sécurité financière, dans le sens où même des états de synthèse certifiés par les grands cabinets d’audit méritent aussi une attention négative.

Après l’éclatement de ces scandales financiers, les investisseurs ont perdu confiance dans les communications financières publiées ne reflétant pas la réalité de la situation financière des organisations. Par conséquent, le débat sur la fiabilité de la bonne gouvernance et la qualité de l’audit externe, en particulier l’audit légal, a montré la nécessité de réformer les systèmes de contrôle et de régulation afin de rendre confiance aux investisseurs. Les résolutions prononcées par ce débat ont conduit à l’introduction des lois de renforcement de la sécurité financière notamment la Loi de Sécurité Financière (LSF) et la loi Sarbanes-Oxley (SOX) entrainant aussi la création de nouvelles autorités de contrôle indépendantes en particulier H3C en France et le PCAOB aux États-Unis.

Ces lois ont ciblé l’ensemble des acteurs de la chaine informationnelle en premier lieu l’auditeur légal autant qu’agent indépendant qui veille à la crédibilité ainsi que la fiabilité de l’information financière par la certification des comptes, et qui joue un rôle primordial dans l’évaluation de la qualité des données remontées aux dirigeants communiquées aux parties prenantes, et par conséquent contribue à l’optimisation de la performance boursière. De ce fait, la relation entre l’auditeur légal comme étant garant de la fiabilité de l’information financière, qui permet à cette dernière à traduire sa fiabilité par une performance boursière sur le marché, en attirant un intérêt spécial par les investisseurs et en impliquant davantage les actionnaires.

L’objectif de cet article est donc de démontrer la corrélation entre de la qualité de l’information financière et la création de la valeur boursière.

L’asymétrie d’information et la relation d’agence

Jensen et Meckling (1976) définissent comme « une relation d’agence comme un contrat par lequel une ou plusieurs personnes (le Principal) engage une autre personne (l’Agent) pour exécuter en son nom une tache quelconque qui implique délégation d’un certain pouvoir de décision à l’agent ». Cette définition met en évidence l’existence de deux catégories d’une part les dirigeants qui gèrent l’entité de manière à créer de la valeur pour les actionnaires d’autre part, dont les intérêts divergent selon Watts (1977). La divergence des intérêts ouvre la porte à l’opportunisme de chaque catégorie qui peut potentiellement œuvrer pour ses propres intérêts. Le fruit de cet opportunisme entraine des conflits dans la mesure où les décisions prises par les dirigeants ne jouent pas en faveur des actionnaires. Pour pallier aux conflits, Jensen et Meckling (1976, 338-339) avancent une solution sur ces conflits entre les deux catégories en mandatant une personne intermédiaire dans la qualité d’un auditeur indépendant. La certification des états financiers par l’auditeur est nécessaire pour converger les intérêts des deux catégories en réduisant les coûts d’agence.

Dans un autre volet, la théorie d’agence évoque deux types de parties prenantes : les dirigeants (insiders) et les parties prenantes externes (outsiders), met en évidence aussi le risque d’asymétrie d’information selon lequel les dirigeants disposent de plus d’informations que le reste des parties prenantes. Sachant que les parties prenantes externes requièrent une information pertinente et fiable pour motiver leurs choix d’investissement, Lin et Hwang (2010) proposent l’intervention d’un auditeur externe pour réduire l’asymétrie d’information entre les parties prenantes en mettant à leur disposition une information symétrique. L’intervention de l’audit externe est une solution pour freiner la manipulation comptable des dirigeants, d’atténuer les conflits et de réduire l’asymétrie d’information entre les deux parties prenantes et optimiser la performance de l’entité.

Cette information garantie par l’auditeur légal est utile pour permettre la diminution des coûts d’agences et de l’asymétrie de l’information, et par conséquent permettre à l’entité de créer de la valeur ainsi que d’atteindre sa performance.

Le signal et le comportement des investisseurs

La théorie du signal émane des expériences d’Akerlof (1970) dans le marché des véhicules, Spence (1973) dans le marché du travail, et Ross (1977) dans la détermination de la structure financière. Cette théorie présente l’inégalité de la répartition de l’information entre les différentes parties concernées par la gestion d’une entreprise. En effet, les demandeurs ne sont pas avertis par la qualité des biens ou services proposés par les offreurs, ce qui a introduit la notion d’asymétrie d’information entre les deux parties.

A cet égard la théorie du signal démontre que l’établissement de signaux par les offreurs est essentiel pour redonner confiance aux demandeurs manquant d’informations. Cette procédure a ouvert le champ à l’application de la théorie du signal au marché financier et l’évaluation de l’impact des signaux émis sur le comportement des investisseurs.

Parmi les signaux étudiés, la communication financière en demeure celle qui présente un risque aux regards des investisseurs. Puisque les dirigeants ont accès à plus d’informations que les investisseurs, il y a lieu que l’auditeur légal intervienne pour assurer un accès équitable à une information financière fiable et sincère. Cette intervention est d’autant plus importante en période de crise, comme avec l’apparition actuelle du Covid-19, une pandémie qui n’a épargné aucun secteur.

Les signaux diffusés par les firmes ont largement impacté les marchés boursiers, comme les conséquences des profit warning de certaines entités ou qui ont reportés la publication de leurs résultats, dans la mesure où la valeur boursière de ces dernières a connu une baisse drastique et a suscité le chaos chez les investisseurs, qui ne sont pas capables de différencier entre le bon et le mauvais en cette période de crise. Cette situation a provoqué la réaction des organes de normalisation et de contrôle, comme l’Ordre des Experts-Comptables (OEC) et le Conseil National de Comptabilité (CNC) au Maroc, qui ont diffusé des directives et des avis à travers de multiples médias à savoir des communiqués adressés aux dirigeants des entreprises, les professionnels, des visio-conférences, les radios, la télévision, afin d’ajuster les répercussions de cette conjoncture et permettre aux investisseurs d’avoir une vision sur la situation réelle des firmes.

Contrôle interne, rentabilité, et efficience

Quand il s’agit de crédibiliser l’information financière, Piot (2005) parle du poids de la qualité d’audit légal comme élément fondamental qui procure à cette autorité de contrôle toute sa valeur ajoutée. De Angelo (1981) définie cette qualité comme étant la probabilité jointe que l’auditeur externe découvre une anomalie dans les procédures internes de l’entité auditée et la révèle. La probabilité évoquée par De Angelo (1981) se divise en deux, une relative à la découverte de l’anomalie, et l’autre relative à la révélation de l’anomalie sachant qu’elle a été découverte.

Ce qui découle de cette définition est que l’auditeur légal doit être une personne compétente c’est-à-dire qu’il doit être capable de découvrir les anomalies éventuelles dans les états de synthèse de l’entité auditée d’une part, et d’autre part il doit être indépendant pour révéler les anomalies découvertes, d’autant plus que ces qualités font partie intégrante de l’éthique de l’audit.

La qualité de l’audit légal se matérialise davantage par les apports en terme de compétences nécessaires à l’optimisation et l’augmentation de l’efficience de l’entité auditée. L’auditeur avance des recommandations pertinentes au vue d’une large expérience recueillie au fil de ses missions avec plusieurs entités dans différents secteurs, par conséquent il connait les bonnes règles de gestions des grandes firmes découlant de tous les cycles confondus notamment le achats-fournisseurs, ventes-clients, et immobilisations. Son intervention permet aux entités nouvellement introduites en bourse de bénéficier de l’expérience d’un agent compétent dans le domaine de renforcement des contrôles mis en place par l’organe dirigeant. L’entité auditée parvient dès lors à organiser sa structure et ses coûts sur la base des observations pertinentes de l’auditeur légal, afin d’améliorer sa rentabilité, et atteindre l’efficience par la création de la valeur auprès de ses partenaires, investisseurs, fournisseurs, et clients.

Afin de dégager des observations pertinentes et avancer des recommandations constructives, l’auditeur légal doit être un agent indépendant et compétent agissant pour un mandat prédéfini et selon un référentiel légal. L’importance de l’indépendance et de la compétence de l’auditeur légal est largement évoquée par Lynn Turner (2000), ancien directeur des affaires comptables de la Securities and Exchange Commission, dans son discours à l’occasion du 27ème anniversaire du Securities Regulation Institute, où il rappelle que plus les auditeurs légaux sont compétents et plus ils seront aptes à servir l’intérêt public en examinant de manière indépendante les états de synthèse d’une entité et en publiant une information financière pertinente. Durant ce même évènement, il souligne que pour préserver l’indépendance de l’auditeur légal, il ne doit subir ni pressions extérieures ni conflits d’intérêts.

Par contre, Piot (2005) ne partage pas la vision de Turner comme quoi elle est paradoxale puisque l’absence de toute forme de conflits d’intérêts durant la mission de l’auditeur légal reste difficile à atteindre. En effet, une relation d’agence est instaurée entre l’entité auditée et l’auditeur vu que ce dernier est attaché à un mandat avec les actionnaires sans oublier qu’il perçoit des honoraires négociés avec les dirigeants de l’audité. Par conséquent, la présence d’une éthique qui au passage ne se résume pas seulement à l’indépendance et la compétence, permet à l’auditeur externe d’apprécier convenablement la réalité et la sincérité de l’information financière qui reflète l’image fidèle de l’organisation.

De même le débat sur l’indépendance de l’auditeur met également l’accent sur l’ancienneté du mandant liant ce dernier à l’entité auditée. D’après Tan (1995), l’ancienneté du mandat installe une relation qui peut affecter son rendement dans la mesure où la vigilance de l’auditeur diminue et du coup il peut ne pas changer ses jugements tout au long de son mandat. D’autre part, Bertin (2002) montre que plus le mandat du commissaire aux comptes est ancien, plus ce dernier tend vers l’émission d’un signal erroné sur la réalité des états de synthèse audités.

Cependant, la qualité de l’information financière n’est pas seulement liée à l’éthique professionnelle de l’auditeur légal, elle est également influencée par d’autres facteurs. En effet, DeAngelo (1981) dit que l’appartenance de l’auditeur légal à un cabinet « big » implique une bonne qualité d’information financière, puisque la structure des grands cabinets d’audit est de nature plus qualifiée pour soulever les anomalies contenues dans les états de synthèse. De plus, Anderson et Zeghal (1994) mettent l’accent sur l’effet de réputation et d’image qui conduit ces cabinets à fournir un travail de qualité pour améliorer leur image de marque.

Par ailleurs, l’effet de la réputation motive les organisations à choisir des cabinets d’audit appartenant aux réseaux « BIG 5 » pour crédibiliser leurs informations financières publiées surtout au sein des pays qui privilégient la protection des investisseurs comme il a été constaté par Francis Hall et Wang (2006). Peasnell (2001) partage cette vision dans la mesure où il a observé que la performance boursière des organisations auditées par les cabinets d’audit appartenant à un réseau big est plus rentable que celles auditées par des cabinets sans réseau big, étant donné que la perception des investisseurs est positive quant à la communication financière des entités auditées.

D’autres recherches sur la taille des cabinets d’audit ont démontré que ce critère influence largement la qualité de l’information financière, dans la mesure où la structure des grands cabinets dispose des pôles spécialisés dans différents secteurs. Gramling (1999) voit que cette spécialisation sectorielle se traduit par une assurance raisonnable quant à la qualité de l’information financière. Par contre, Lys et Watts (1994) n’ont pas trouvé de différences entre les auditeurs spécialisés et les non spécialisés dans un secteur bien défini.

Impact informationnel du Covid-19 sur la valeur

Pour souligner davantage l’impact de la gestion de l’information financière sur la valeur créée par une entité, il faut couvrir un contexte de crise tel que la pandémie du Covid-19. En effet, l’information financière communiquée par les entités doit subir une altération adaptée au contexte actuel de la pandémie, de manière à communiquer aux lecteurs et parties prenantes une information pertinente afin de les accompagner dans leurs prises de décisions. Par exemple, sur le plan national marocain, l’OEC et le CNC ont diffusé respectivement une directive et un avis sur les différents impacts du Covid-19, notamment l’impact sur la continuité de l’exploitation, un principe de base essentiel à l’établissement des états de synthèse, la rédaction d’une note séparée adressée au commissaire aux comptes et communiquée à l’Assemblé Général (AG), qui statuera sur les comptes, sans oublier aussi la mention dans l’Etat des Informations Complémentaires (ETIC) au niveau du tableau C5 ainsi que le rapport de gestion des incidences éventuelles du Covid-19 sur l’activité d’une entité donnée. Ces informations jouent un rôle important dans le jugement des parties prenantes quant à l’idée d’investir ou non dans une action, car elles permettent de mesurer voire d’anticiper la valeur future de cette dernière, à partir d’une information réelle, sincère, et qui reflète l’image fidèle de la situation actuelle d’une entité donnée ainsi que la portée des incidences du Covid-19, afin de prendre des décisions appropriées.

Source : Visioconférence de l’OEC sur l’Impact du Covid-19 sur la mission d’auditeur

Source : Visioconférence de l’OEC sur l’Impact du Covid-19 sur la mission d’auditeur

Il en ressort ainsi que l’intervention des organes externes, notamment l’auditeur légal, est un levier essentiel de création de valeur et un vecteur important dans la mesure de la valeur actuelle et future de l’entité, car en l’absence de cet agent compétent et indépendant, l’investisseur se trouve face à avenir incertain et une confusion totale dans sa prise de décision. D’autant plus que l’investisseur se trouve beaucoup plus confiant à prendre des décisions, quand l’information diffusée par les entreprises est non seulement contrôlée mais aussi certifiée par le commissaire aux comptes. Par conséquent, la création de la valeur s’ensuit rapidement et facilement, une fois la confiance des investisseurs est regagnée.

Conclusion

L’objectif principale de cet article est de dresser un état des lieux de la relation entre la qualité de l’audit externe dans la gestion de l’information financière et la création de la valeur, sachant que l’audit légal est un outil indispensable dans l’évaluation de la qualité de l’information financière sur laquelle les agents internes et externes se basent pour prendre des décisions. Il faut rappeler que cette information provient de l’intérieur de l’organisation et elle est donc susceptible d’être altérée ou conservée par les dirigeants, ce qui pose un problème d’asymétrie d’information. C’est à ce niveau que réside l’importance de l’intervention de l’auditeur légal en tant que garant du partage de l’information entre tous les agents et surveillant de la crédibilité de cette dernière. Cette importance s’inscrit dans la théorie de l’agence dans la mesure où l’auditeur légal dont la présence est fondamentale afin de réduire l’asymétrie d’information.

La perception d’une information financière de qualité par les parties prenantes se base sur plusieurs paramètres, mais la qualité de l’audit légal reste la variable la plus importante au regard de tous les chercheurs. Notre lecture nous a permis de relever nombreuses définitions de la qualité d’audit légal. Certains auteurs jugent que cette dernière est fortement liée à l’éthique professionnelle du commissaire aux comptes à savoir l’indépendance et la compétence sachant qu’un auditeur légal compétent et indépendant est capable de détecter l’anomalie pour la divulguer ensuite au public.

L’absence de ces deux qualités constitutives dans l’éthique professionnelle d’un commissaire aux comptes entraine systématiquement l’émission d’un signal erroné qui peut compromettre le jugement des lecteurs des états de synthèse notamment les investisseurs souhaitant engager leurs fonds dans une entité, les actionnaires ou les preneurs de risque, les dirigeants qui mesurent la performance de l’organisation, et par extension réduit la valeur de l’entreprise. Cette situation se concrétiste dans les nombreux scandales financiers qui ont incité tous les agents à pointer du doigt le travail des cabinets d’audit à savoir l’affaire Enron – Arthur Andersen.

Par ailleurs, la qualité de l’audit légal est subordonnée à plusieurs facteurs à savoir l’ancienneté du mandat, l’appartenance ou non à un cabinet big, et la taille du cabinet d’audit. L’ancienneté du mandat touche la qualité de l’audit légal dans la mesure où l’indépendance n’est plus assurée si la relation entre le commissaire aux comptes/dirigeants dure dans le temps. Cette relation de longue date impacte négativement le comportement des investisseurs, et perdent la confiance vis-à-vis de l’information diffusée et certifiée par l’auditeur légal, ce qui par conséquent influencent sur le cours de l’action.

En effet, plus le mandat d’un auditeur légal est ancien, plus la qualité de l’information financière certifiée par ce dernier est entachée. Il est prouvé que si l’auditeur légal appartient à un cabinet big, il n’encoure pas le risque de vérification de la communication financière de l’entité par les régulateurs parce que les cabinets big sont non seulement bien réputés mais ils sont aussi spécialisés dans certains domaines qui nécessitent un certain degré de qualification. La spécialisation sectorielle de l’auditeur légal dans certains secteurs lui permet de certifier une information financière plus crédible et plus pertinente.

Finalement, cet article avance plusieurs arguments mettant en relief la corrélation de la gestion de l’information financière avec la création de la valeur chez une entité donnée, dans la mesure où la qualité de l’auditeur, notion dont la définition peut prendre plusieurs formes selon le critère sélectionné notamment la taille, la spécialisation, la compétence, ou l’indépendance, est un paramètre essentiel dans la création de la valeur. Etant une variable dans la gestion de l’information financière, la qualité de l’audit externe est un ingrédient fondamental dans la pertinence de la valorisation de l’action sur le marché des capitaux.

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